|
Traçabilité par secteurs
Les filières animales et végétales sont celles par lesquelles les scandales sont arrivés, défrayant l’actualité. Il n’est pas besoin de rappeler que la vache folle, le poulet à la dioxine et les rillettes tueuses... ont fait partie de nos peurs récentes.
Lutter contre la crise de confiance : si le consommateur fait a priori confiance à ses fournisseurs, il n’est pas complètement résigné à avaler des aliments dangereux pour sa santé. Il est donc vital pour les entreprises du secteur, d’adopter une démarche qualité exigeante, qui lui permettra de surveiller ses produits.
Parce que le risque zéro n’existe pas, que la crise peut surprendre même les plus grands groupes, un système de traçabilité sur les produits permet d’assurer ses arrières. Il permet également de contrôler sa filière, d’obéir aux injonctions administratives, de retrouver des produits malsains pour les rappeler et de maîtriser sa communication de crise. Ces impératifs sont vitaux pour tout les acteurs du secteur puisque le consommateur tend toujours à "mettre tous les producteurs dans le même sac".
Au fur et au mesure que les scandales se succèdent, il est conforté dans cette idée, ce qui pénalise l’ensemble du secteur, en proie à une perte de confiance généralisée.
Traçabilité : bilan par secteurs

Filière bovine
Les consommateurs ont clairement exprimé leur exigence de sécurité lors des diverses crises alimentaires - vache folle, Listeria, dioxine... Les acteurs de la filière agro-alimentaire n’ont pas cessé d’améliorer la qualité des produits alimentaires tant organoleptique que sanitaire sans parler de l’aspect hédonique, indépendamment même de ces crises. Leur mobilisation constante a permis de renforcer les contrôles et d’assurer une traçabilité de plus en plus performante depuis le champ jusqu’à l’assiette.
Les accords Interbev, les normes Afnor et les réglementations européennes ont largement contribué à tracer les produits avec précision. Prochainement un guide sur la traçabilité de la filière bovine sera publié - document international incluant les spécificités françaises.
Filière Fruits et Légumes
Une codification nationale pour le passage en caisse existe pour le secteur des fruits et légumes. Dans le contexte d’une filière éclatée les professionnels s’accordent sur les recommandations internationales à base de codes à barres EAN 128. Ne sont donc pas concernés les produits préemballés poids prix provenant et conditionnés à l’étranger (pour lesquels s’applique la codification EAN du pays d’origine) et les produits vendus sous une véritable marque commerciale appartenant au fournisseur. Un groupe de travail au sein de l’interprofession Interfel/Ctifl/Cnipt s’organise pour arriver à trouver un consensus sur les objectifs de la traçabilité et les données à tracer à chaque étape.
Filière Amont agricole
Les travaux de ce secteur sont menés au sein d’Agro Edi Europe. Les acteurs variés de ce secteur : semenciers, producteurs phytosanitaires, coopératives, négociants, agriculteurs, transformateurs ont des préoccupations diverses. Ainsi pour les produits phytosanitaires la priorité est de pouvoir les localiser. Pour les semences, la traçabilité doit se faire de l’agriculteur au semencier. Pour les céréales, il s’agit avant tout d’une préservation d’identité de la filière. Or on constate aujourd’hui que le degré d’automatisation des coopératives et des agriculteurs ralentit la démarche de traçabilité des fournisseurs de semences ou de produits phytosanitaires.
Filière surgelés
Tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement sont concernés. La mise en œuvre de l’étiquette logistique EAN UCC pour les unités d’expéditions (SSCC, GTIN, quantité, numéro de lot ou date de fabrication, DLUO ou DLC et poids) est en cours et des réflexions sur les unités logistiques sont engagées.
Depuis 2001, les professionnels français réfléchissent à l’utilisation des standards EAN UCC dans le cadre des travaux menés au plan européen avec le projet Tracefish et au plan international avec le projet EAN Fishproject. Cette étude couvre l’ensemble de la chaîne de production et de distribution (produits frais et produits surgelés concernés) . Dans un premier temps, les professionnels du secteur doivent fournir le nom scientifique, le mode de production et la zone de pêche pour tous les produits commercialisés.
Source Gencod
Fabienne Gougeon
|