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La traçabilité protège le marché des pièces détachées
Destiné généralement à approvisionner des constructeurs automobiles, le secteur des pièces détachées évolue sur un marché fortement concurrencé. La hausse du prix du pétrole et du métal augmente les difficultés économiques déjà importantes. En effet, la course aux pièces détachées "low cost" attire depuis une dizaine d’années les convoitises d’un marché parallèle. Ce mois-ci, Tracenews enquête sur la contrefaçon des pièces détachées dans le secteur de l’automobile et explique comment la traçabilité peut solutionner ce phénomène mondial.
A l’origine, la traçabilité des pièces détachées s’est imposée pour sécuriser et contrôler les pièces de la conception à l’assemblage finale, pour améliorer le transfert et la qualité de l’information en temps réel et pour répondre aux contraintes réglementaires. Ce système comprenait généralement le n° de produit, suivi de celui de la quantité, puis du n° du fournisseur, du n° d’étiquette et du n° de lot, et enfin du code-barre indiquant l’adresse.
Les pièces, comme les éléments de fixation ou les vis dites de sécurité, bénéficient d’une forte traçabilité tant pour des raisons économiques que de sûreté. Aujourd’hui, le secteur de l’automobile utilise les standards EAN pour gérer leur approvisionnement. Il y a quelques années, les groupes PSA et Renault ont mis en place ces standards pour identifier tous les produits "hors fabrication, c’est-à-dire des produits qui n’entrent pas directement mais qui concourent à la fabrication d’un véhicule (ex : pièces de rechange des biens d’équipement (détecteurs, roulements, ...), pièces d’usure dont la consommation est proportionnelle à la production (embouts de vissage, buses de peinture, ...).
Aujourd’hui, le secteur de l’automobile et des pièces
détachées souhaite utiliser la traçabilité pour lutter contre la contrefaçon. Quelques chiffres permettent de comprendre les enjeux et l’importance du phénomène :
7 mars 2005 : 17 688 pièces détachées contrefaites pour véhicules industriels ont été saisies.
18 mars 2005 : 752 pièces détachées contrefaites, dont 300 démarreurs antivol et 272 comodos de clignotants ont été saisies à Valence. Parmi les démarreurs, 200 portaient la mention Neiman et 100 autres étaient emballés sous une étiquette contrefaisant la marque Valeo. Ces pièces en provenance de Taïwan, étaient destinées à un grossiste de pièces détachées de la région. Leur contre-valeur est estimée à 54 400 euros environ.
18 août 2005 : 18 999 contrefaçons de pièces contrefaites (antivols, phares, clignotants, rétroviseurs...) des marques Neiman, appartenant à la société Valeo Sécurité Habitacle, Renault, Peugeot, et Citroën ont été interceptées à Lyon. Cette saisie représente une valeur de 1 483 451 euros !
Et la liste des saisies de la douane est encore longue...Selon l’Unifab, la contrefaçon des pièces de rechange automobile représenterait 5 à 10% sur le marché européen. De plus, il s’avère que le phénomène progresse et se diversifie en Europe. Rien qu’en France, selon Philippe Kearney, de la Direction générale des douanes, "Alors que 3000 pièces détachées avaient été saisies en 2004, ce chiffre est passé à 45 000 en 2005". Autre conséquence et non des moindre, les préjudices financiers sont estimés à 70 millions d’euros chez Peugeot et entre 90 à 130 millions chez Renault. Michelin, quant à lui, estime que le nombre de pneumatiques contrefaits a triplé entre 2004 et 2005.
De même, on assiste à une diversification du marché des pièces détachées contrefaites. Longtemps cantonné aux accessoires tels que les phares et les rétroviseurs, il s’est étendu aux capots, pare-brise ou arbres de transmissions et pistons. On connaît actuellement la provenance de ces pièces contrefaites, principalement d’Asie et des Pays de l’Est et également du bassin méditerranéen (Espagne, Italie, Portugal, Maroc et Tunisie).
Aujourd’hui, des mesures ont été prises pour lutter contre ce fléau. Une campagne de sensibilisation (Contrefaçon, Non merci) a été lancée en avril dernier par le gouvernement français pour enrayer la contrefaçon. Cette mobilisation précise en outre les normes européennes qui certifie la qualité des pièces détachées et les risques encourus par les utilisateurs des pièces détachées.
De même, la traçabilité peut-être le moyen pour lutter contre le commerce parallèle. En effet, le traçage permet d’une part d’authentifier, d’identifier les marchandises (par exemple présence d’une signature produit sur la pièce) et d’autre part de suivre l’unité tout au long de la chaîne de fabrication.
Reste que ces moyens représentent un coût de mise en œuvre et d’investissement important. Les performances de la technologie RFID intéressent également beaucoup les acteurs de la filière des pièces détachées. Seulement, la part financière ne joue pas aujourd’hui en faveur d’un marché qui tire les prix vers le bas.
Cindy HUET
19/06/06
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